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Les fonds souverains Version imprimable

Source : fr.wikipedia.org
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Un fonds souverain (sovereign wealth funds), ou fonds d'État, est un fonds de placement financiers (actions, obligations,etc.) détenu par un État. Ils gèrent l'épargne nationale et l'investissent dans des placements variés (actions, obligations, immobilier, etc.). Dans une acception restreinte, ils désignent spécifiquement « les avoirs des états en monnaie étrangère ». Dans une acception plus large, ils désignent tous les fonds d'investissement détenus par un État.

Sommaire

Historique

Le premier fonds souverain créé a été le fonds du Koweït en 1953, suivi en 1956 du Kiribati Revenue Equalisation Reserve Fund créé en 1956 et qui gère aujourd'hui 520 millions $, soit 9 fois le PIB de l'archipel. Ils se développent fortement depuis quelques années.

Ressources et importance

Ils tirent leurs ressources des réserves des banques centrales (Chine), des réserves pour les retraites (Norvège) ou des fonds tirés de l'exploitation de matières premières (Norvège, Russie, Qatar) par exemple. Les fonds alimentés par le pétrole représentent deux tiers des montants gérés par ces fonds.

Ils gèrent un volume d'actifs estimé entre 2.200 millards $ selon Standard Chartered et 2.500 milliards $ (2007), d'après la banque Morgan Stanley. En octobre 2007 ils représentaient environ 13 % du total du marché des actions, obligations et dépôts bancaires, soit deux fois plus que les fonds gérés par les hedge funds ou le capital-investissement. Selon Morgan Stanley ils pourraient atteindre 12.000 milliards en 2015, tandis que Steffen Kern de Deutsche Bank estime qu'ils pourraient gérer 5.000 milliards en 2012.

Méthodes d'investissement

Les différents fonds utilisent des méthodes d'investissement variables ; Certains refusent de prendre des parts importantes du capital des entreprises étrangères comme le fonds norvégien. A l'inverse d'autres sont plus activistes et recherchent surtout des parts importantes comme le fonds de Singapour ou les fonds chinois qui ont envisagé de prendre des parts dans Blackstone ou Bear Stearns. Les degrés de transparence sont également eux aussi très variables, la transparence du fonds Norvégien ou de Temasek Holdings à Singapour tranchant ainsi avec l'opacité de la gestion de la China Investment Corp.

Réactions à leur essor

La question de l'importance de ces fonds a été soulevée régulièrement avec leur essor important; Pour Martin Wolf, directeur des rubriques économie au Financial Times, ces fonds ne posent pas plus de problèmes que d'autres, à condition de définir des listes de sociétés « interdites ». La définition d'entreprises « stratégiques » face à des investisseurs étrangers a déjà été pratiquée dans le passé; en 1988, Margaret Thatcher avait obligé la KIA à revendre sa participation de 22% dans BP. En 2005, les USA ont essayé d'interdire à l'opérateur portuaire Dubai Ports World de mettre la main sur 5 terminaux portuaires, qualifiés de « stratégiques » par certains sénateurs républicains. L'opérateur avait renoncé in fine. A Bruxelles, La Commission Européenne vient de décider d'examiner de près ce « phénomène nouveau »; Le Commissaire au Commerce Peter Mandelson a évoqué la possibilité de recourir aux actions préférentielles pour protéger les entreprises « stratégiques ».

Des réactions hostiles ont eu lieu lors du rachat par des fonds souverains d'entreprises considérées comme sensibles, par exemple en Thaïlande où Temasek Holdings, le fonds singapourien, a racheté à l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra sa société Shin Corp, un acteur important des télécoms.

De même, le gouvernement allemand envisage de prendre des mesures pour réduire les rachats potentiels par des fonds souverains en imposant une autorisation délivrée par l'administration fédérale dès lors qu'un fonds dépasse 25 % du capital d'une entreprise locale. Cette mesure protectionniste est cependant fortement critiquée par le FDP, principal parti d'opposition et la plupart des milieux financiers. Pareillement, Steffen Kern, responsable de la politique des marchés financiers internationaux à la Deutsche Bank, considère que « Le protectionnisme n'est pas un bon outil politique. [..]. Trop de responsables occidentaux voient ces fonds occidentaux ou asiatiques comme des menaces alors qu'ils peuvent représenter un afflux important de capitaux frais ».

Le manque de transparence de certains de ces fonds est également régulièrement critiqué. Si des mesures obligeant ces fonds à être plus transparents étaient passées, elles devraient cependant s'appliquer aussi aux fonds d'investissement et aux fonds spéculatifs.

Les principaux fonds

  • Abu Dhabi Investment Authority (créé en 1976, Émirats arabes unis), gère 875 milliards de dollars.
  • Government Pension Fund-Global (1996, Norvège), 322 milliards $
  • Government of Singapore Investment Corporation (GIC) (1981, Singapour), 215 milliards $
  • Reserve Fund for Future Generation (1953, Koweït), 213 milliards $
  • China Investment Corp. (2007, Chine), 200 milliards $
  • Temasek Holdings (1974, Singapour), 108 milliards $
  • Oil Reserve Fund (2005, Libye)
  • Fonds de régulation des recettes (2000, Algérie)
  • Qatar Investment Authority (Qatar)

On peut également inclure, dans une définition large, la Caisse des dépôts et consignations (France), qui gère environ 120 milliards $ (80 Mds euros), ou le Fonds de réserve pour les retraites (France), qui gère les fonds destinés à compléter les retraites à partir de 2020 et dispose au 30 septembre 2007 d'environ 50 milliards $ (33,8 Mds euros). Toutefois, ces deux fonds à la différence des précédents ne sont pratiquement qu'investis en sociétés nationales.

Dernière mise à jour : ( 03-02-2008 )
 
 
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